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Stéphane BOLLE

Maître de conférences
HDR en droit public
Université Paul Valéry - Montpellier III 
 

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Vendredi 12 octobre 2007
- Publié dans : Afrique
Par Stéphane Bolle

Melanges-FAVOREU-copie-1.jpg Renouveau du droit constitutionnel
Mélanges en l'honneur de Louis Favoreu
Dalloz, 2007

Un impressionnant ouvrage de 1783 pages vient de paraître. Dédié à Louis Favoreu, le maître de l'école d'Aix-en-Provence, Renouveau du droit constitutionnel réunit "dans une perspective de droit comparé ... les contributions d'une centaine d'auteurs français et étrangers". La communauté universitaire y rend un hommage appuyé à celui qui "a incarné durant plus de trente ans le combat en faveur de la reconnaissance du juge constitutionnel comme étant un "vrai juge", du droit constitutionnel comme un "vrai droit", de la science du droit constitutionnel comme une "vraie science"". Les Mélanges Favoreu abordent successivement La justice constitutionnelle (Première partie)Le droit constitutionnel institutionnel (Deuxième partie), Le droit constitutionnel normatif (Troisième partie) et Le droit constitutionnel substantiel (Quatrième partie).
Le constitutionnaliste consommera sans modération cette somme de leçons de mots et de choses, au carrefour du singulier et de l'universel. On peut regretter qu'une seule des nombreuses contributions de droit constitutionnel étranger soit consacrée au mouvement en cours sur le continent africain. Mais la plume de Jean du Bois de Gaudusson, Professeur à l'Université Montesquieu-Bordeaux, directeur du CERDRADI et du Groupement de droit comparé, est d'or. 
L'auteur de "Défense et illustration du constitutionnalisme en Afrique après quinze ans de pratique du pouvoir" (pp. 609-627) constate que si "le constitutionnalisme a connu un incontestable essor depuis les années 1990 et qu'il a contribué au progrès du droit, des libertés et de la démocratie en Afrique", il suscite aussi "un scepticisme accru et de sérieux doutes à la fois sur l'effectivité de ce constitutionnalisme et sur son adaptation aux sociétés qu'il est censé régir. Pire pour d'autres, le constitutionnalisme et ses institutions sont considérés dans la pratique comme une cause nouvelle, supplémentaire de tensions et de crises, celles-ci étant interprétées comme la preuve de l'inadéquation des textes fondamentaux au contexte dans lequel ils s'inscrivent". Mais - contrairement à nombre d'africanistes - Jean du Bois de Gaudusson ne renonce pas à analyser, en juriste une réalité complexe; il invite "à s'interroger de nouveau sur la signification et les conséquences de ce qui est à la fois un retour du droit et un recours au droit constitutionnel en Afrique".  Les chercheurs d'aujourd'hui ne peuvent ignorer que I.- L'Afrique [est] toujours saisie par le droit constitutionnel...; qu'il appartient au constitutionnaliste de prendre au sérieux II.- Les textes constitutionnels à l'épreuve de leur mise en application; qu'enfin, comme dans d'autres pays récemment engagés dans la construction d'Etats de droit démocratique, se pose une question III.- Le constitutionnalisme [est-il] victime de ses nouveaux usages? 
Vous trouverez moins un bilan qu'un plaidoyer dans"Défense et illustration du constitutionnalisme en Afrique après quinze ans de pratique du pouvoir". C'est, sans conteste, une puissante incitation à poursuivre (http://la-constitution-en-afrique.over-blog.com/article-12645642.html) et à embrasser le combat - scientifique - pour le Renouveau du droit constitutionnel en Afrique.

Stéphane Bolle
Maître de conférences HDR en droit public

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