La Constitution en Afrique![]()
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L'Afrique demeure le parent pauvre de la science du droit constitutionnel ; la liste des communications au 7e congrès français de droit constitutionnel était là pour en attester. Tout se passe comme si les préjugés de la communauté universitaire, dans son ensemble, et les impairs de certains africanistes convergeaient pour pérenniser cette triste marginalité. Les uns tiennent l'Afrique pour un monde constitutionnel sous-développé, peuplé de dictateurs, miné par les guerres tribales, souffrant d'anomie, et font l'impasse - dans les manuels de droit constitutionnel qui font autorité - sur les remarquables développements de la chose constitutionnelle, particulièrement depuis la décennie 1990. Les autres versent fréquemment dans l'abstraction, voire l'ésotérisme : nombre de travaux proposent une représentation déformée du fait constitutionnel contemporain parce qu'ils sont polarisés sur les constitutions écrites par l'effet d'un positivisme étroit et/ou sur des faits politiques extraconstitutionnels par l'effet d'une sociologie teintée de science politique, parce qu'ils sont basés sur des considérations anciennes rarement mises à l'épreuve du réel, ou encore parce qu'ils mésusent d'une littérature étrangère mal digérée.
La lecture de la Revue juridique et politique des Etats francophones[1] - l'une des rares revues universitaires spécialisées en langue française à accueillir des articles de droit public africain - instruit trop souvent sur des dérives intellectuelles qui ruinent les efforts d'un renouvellement doctrinal nécessaire. A cet égard, les auteurs[2] de deux articles du N°3 de Septembre/juillet 2008 se distinguent ; ils offrent un condensé de ce qu'un vrai chercheur ne peut pas faire, de ces malfaçons qui portent atteinte à la science du droit constitutionnel en général et à la Revue juridique et politique des Etats francophones en particulier. Les perles en question méritent d'être passés au crible d'une critique constructive, article par article, en commençant par les plus banales pour finir par les plus préoccupantes.
LA CONSTITUTION EN AFRIQUE vous invite à lire la suite de ce billet d'humeur ICI
Stéphane BOLLE
Maître de conférences HDR en droit public
http://www.la-constitution-en-afrique.org/
[1] C'est la dénomination actuelle de la Revue juridique et politique. Indépendance et coopération (RJPIC).
[2] Leur anonymat sera préservé : il ne s'agit pas de les livrer à la vindicte des internautes, mais de faire une lecture critique de leurs publications, qui soit utile pour les publiants à venir.
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