La Constitution en Afrique![]()
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Que reste-t-il aujourd’hui de la Constitution du Niger du 9 août 1999 ?
Invoquée à tout va par les protagonistes d’une
crise constitutionnelle
qui n’a cessé de s’aggraver, la loi fondamentale est en péril. Manipulée, défigurée, son sort dépend irrémédiablement de l’issue d’une bataille politique. Si les oppositions
« légalistes » au Président Tandja sortaient vainqueurs, elles devraient faire face à une situation inédite et manqueraient de moyens légaux pour la régler, avant
l’installation de la nouvelle Assemblée Nationale succédant à celle qui a été légalement dissoute. Si le Président Mamadou Tandja l’emportait, sa victoire consacrerait un
changement de légalité,
le passage de la V° à la VI° République serait consommé et, par conséquent, la
Constitution du Niger du 9 août 1999 succomberait
aux assauts répétés dont elle a fait et fait l’objet depuis des semaines.
Stéphane BOLLE
Maître de conférences HDR en droit public
Bonjour professeur,
Merci infiniment pour vos analyses pertinentes, concernant la crise qui secoue actuellement le Niger. Incontestablement, votre site, est une aide précieuse pour le renforcement de la démocratisation en Afrique. Il est quasiment impossible, d’entreprendre des recherches dans ce domaine, sans se soumettre à votre autorité. Je vous félicite, et vous encourage vivement dans cette noble tache de contribution à l’édification de la démocratie en Afrique.
Pour revenir sur le cas du Niger, la situation est réellement inédite. Je partage entièrement vos observations sur ce sujet. Au fond, la cinquième République est devenue lettre morte. Toutes les institutions nigériennes, sont pour l’instant soumises à la volonté d’un seul homme : le Président de la République. Il n’est donc pas excessif, d’admettre que le Niger est dans une situation comparable à un Etat d’exception. Si, le Président Tandja arrive à imposer sa sixième République, le Niger risque de renouer avec son passé, en l’occurrence les instabilités politiques. Ainsi, pour anticiper sur les évènements, on peut déjà s’interroger sur la stabilité d’une Constitution voulue pour emprunter votre expression, par « le Président d’exception » ?
Considération distinguée.
IMERANE MAIGA Amadou.