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Stéphane BOLLE

Maître de conférences
HDR en droit public
Université Paul Valéry - Montpellier III 
 

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Dimanche 1 mai 2011 7 01 /05 /Mai /2011 00:45
- Publié dans : Gabon
Par Stéphane Bolle

Ali bongo 3

Source de l’illustration : http://www.presidentalibongo.com/

 

 

20 ans après sa promulgation, la CONSTITUTION DE LA REPUBLIQUE GABONAISE DU 26 MARS 1991 vient de connaître sa sixième révision.

 

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Commentaires

Bonjour professeur BOLLE,

6 révisions pour une Constitution vieille de 20 ans, du point de vue de la stabilité des institutions, c'est assurément une attitude qui n'est pas vouer aux gémonies en Afrique. En revanche, il convient de s'interroger, d'une part, si les différentes révisions n'étaient guère le fait des accomodements politiques qu'il fallait pérenniser ou, d'autre part, si cela procédait d'un simple attachement à une constitution qui incarnait l'esprit tel qu' insufflé par les pères de la République.

La dernière révision en date témoigne inéluctablement d'un besoin d'évolution des institutions, mais que vaut-elle pertinemment dans ce vaste mouvement de "rationnalisation des régimes ou pouvoirs" si elle renforce le durcissement des conditions d'éligibilité qui vraisemblablement déboucheront sur un contentieux électoral foisonnant, si elle renforce les attributions du chef de l'Etat au lieu de faire un rééquilibrage des institutions et plus encore si elle se préoccupe davantage du renouvellement du mandat du juge constitutionnel au risque de créer des juges constitutionnels foncièrement inamovible parce que détenant les scellés d'un régime. Autant d'interrogations ...

Au reste, en s'en tenant à l'esprit de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, une société où "(...) la séparation des pouvoirs n'est pas assurée n'a pas de Constitution" l'on s'aperçoit qu'il aurait mieux valu réajuster ou rééquilibrer les institutions à travers cette révision que de vouloir renforcer des pouvoirs certainement taillés sur la mesure du chef.

L'évolution de la société démocratique, si tant est que l'on puisse s'accorder, s'est faite par la volonté des dirigeants de céder des compartiments de leur prérogatives aux instances de représentation du peuple afin d'aboutir à un réel système de contre-pouvoirs. Mais, non sans aucun abus, le pas reste encore à franchir.

Aubin NZAOU

 

 

Commentaire n°1 posté par AUBIN NZAOU le 05/05/2011 à 18h52

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