LA CONSTITUTION EN AFRIQUE

 

Au Niger, la controverse - rapportée ICI sur LA CONSTITUTION EN AFRIQUE - sur la virtuelle révision dangereuse[1] de la Constitution du 9 août 1999 continue d’occuper l’avant-scène politique : au crépuscule de son second mandat, Mamadou Tandja, le Président de la République du Niger peut-il légalement et/ou légitimement obtenir par référendum la faculté de demeurer au pouvoir, nonobstant la clause intangible de l'alternance présidentielle automatique ?

 

Issoufou Adamou, doctorant et assistant à la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques de l’Université Cheik Anta Diop de Dakar, livre son appréciation dans

 

Le Niger à la recherche de stratégies politico-juridiques pour consacrer le "Tazartché"

 

Selon la formule académique consacrée, LA CONSTITUTION EN AFRIQUE n’entend donner aucune approbation ni improbation aux opinions émises par l’auteur. Et les juristes intéressés sont invités à proposer à la publication (la-constitution-en-afrique@voila.fr) leurs points de vue sur la controverse constitutionnelle.

 

Au plaisir d’échanger

 

 

Stéphane BOLLE

Maître de conférences HDR en droit public

http://www.la-constitution-en-afrique.org/


[1] Le dessein du Chef de l’Etat, qui ne s’est toujours pas concrétiser par un acte juridique, se précise si l’on en croit http://www.liberation.fr/monde/0101565695-tandja-s-accroche-au-pouvoir et http://africanus.over-blog.com/article-31207727.html

Lun 11 mai 2009 3 commentaires
Je crois qu´on ne doit pas, dans les réélections intempestives des présidents africains, perdre de vue le plus important: à savoir que ce n´est pas la constitution qui juge objectivement des résultats du mandat présidentiel comme tel. Ce jugement revient légitimement au peuple. Et à mon sens les africains devraient cesser de jouer avec leurs rigides institutions pour exercer leurs devoirs de contrôle, de critique et de jugement de la gestion du pouvoir. Ces derniers temps on n´entend que la même chanson: constitution, réelection, etc...Mais où sont donc les résultats d´années de gestion consciente et efficace ? C´est au résultat qu´il faut juger la politique, pas au verbe, au sentiment ou à la constitution. Et si le peuple estime dans sa majorité que l´homme a accompli ses devoirs avec brio, qu´il a veillé à ce que chacun aie un emploi, que des écoles et des universités soient construites pour garantir l´avenir, et que l´économie est en bonne progression...ce peuple souverain trouvera toujours le moyen de se lier les services d´un gestionnaire efficace et regardant en changeant souverainement sa constitution. Mais ce qu´on observe en Afrique est plutôt ahurissant: des incapables, des dictateurs se hissent au pouvoir et sans apporter ni progrés social, ni gérer et organiser valablement la société, ils veulent s´accrocher au pouvoir et amender la constitution à cet effet. Faut pas mettre la charrue devant les boeufs. Seuls les résultats positifs comptent, comme partout dans le monde. La constitution n´est qu´un moyen, un instrument de référence, il ne remplace ni le bon sens, ni le jugement souverain du peuple dans ses intérêts immediats.

Musengeshi Katata
"Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu"
Forum Réalisance    

      
Musengeshi Katata - le 11/05/2009 à 12h45
 Il ya de cela bientôt dix ans, le Professeur I. M. Fall s'interrogeait sur la condition de l'exécutif en Afrique ( acquisition et transmission du pouvoir)
Votre contribution est remarquable et s'inscrit dans cette dynamique.Avec une belle démonstration, elle montre que la question du mandat présidentiel est plus que d'actualité. Mais que l'on ne s'y trompe pas, et c'est bien connu,  il ya du chemin à parcourir pour que la transmission du pouvoir se fasse sans heurts en Afrique. Espérons trouver, avec cette  contribution de mon collègue Admou des prémisses de solution.
 Félicitation....
kébé aziz - le 14/05/2009 à 01h39
Bonjour Camarade Adamou,
Appréciant le contenu de ton article, je profite de la même occasion pour avertir les autorités maliennes qui sont à la recherche d'une stratégie visant à modifier notre constitution (issue d'une révolution doit-on le rappeler). Mais, elles oublient que le principe de la République c'est "la vertu" selon Montesquieu. Et cette vertu correspond à l'amour de la patrie et non celui du pouvoir. Aujourd'hui, au lieu de la nécessité de réviser notre constitution, on voit plutôt celle de la respecter.

Aimer le pouvoir c'est bien, mais, c'est encore mieux lorsqu'on est aimé par le pouvoir. Tant que la relation entre nos Chefs d'Etat et le Pouvoir continue à s'établir sous contrainte, d'une manière frauduleuse il serait très difficile, sinon impossible, qu'ils se séparent dans l'harmonie. C'est comme un mariage établi sans le consentement de l'un des époux ou sur la base d'un consentement vicié. 

Félicitations et bonne continuation dans tes recherches.
Boubacar DIAWARA - le 19/05/2009 à 13h44